• A sheltering roof

WEEK 9 - "SAN" (le ciel)

Mis à jour : 8 nov. 2018


Pour cette semaine, un joli récit de Rémi Manriquez, un de nos volontaires présent tout au long de l'aventure.


Le ciel en Gambie ne cesse pas de nous offrir les plus beaux spectacles qu'on aît jamais vus.


Nous étions en train de dinner. Au-dessus de nos têtes, la voie lactée traversait tout le ciel et, devant nous, les éclairs livraient une lutte déchaînée dans un immense nuage blanc qui s'approchait de plus en plus. 30 minutes plus tard l'orage couvrait tout le village et la lumière dégagée était si forte qu'on voyait le jour pendant quelques secondes.

La semaine commence avec un jour très special, les enfants se dirigent au village voisin car c'est la rentrée à l'école. Sana, un garçon qui habite dans le même compound, avoue être très content car il pourra assister à son cours préféré: les maths.



Le jour se lève dans le village de Karsi-Kunda et dans notre chambre traîne une multitude de chaussettes solitaires, celles des volontaires qui sont déjà retournés en France. Lundi nous avons dansé à l'occasion du départ de Léa et Marion, qui nous accompagnaient depuis le tout début, et Gabriel, notre cher biologiste, le meilleur ami des fourmies.


Sur le chantier...il faut avouer que c'est dur de travailler avant que le petit déjeuner arrive. Une fois que nous sommes posés sous l'arbre nous contemplons l'avancement des travaux. D'un côté on entend : - passe-moi le sucre!-, de l'autre, deux personnes qui parlent des longrines.


Nous sommes bientôt à la fin du coulage de béton, ce qui veut dire qu'elles devraient être terminées la semaine prochaine. Après avoir repris des forces, trois équipes se répartissent le travail entre les fondations, le bloc central et la charpente. Jeudi nous avons fini la première ferme.



C'est au moment où nous sommes tous transpirants que, quasiment tous les jours, vers midi, le chantier s'arrête pendant quelques minutes, devant la présence de "Iceman", le mythique vendeur de glaces qui raffraîchit nos matinés à l'instant où le soleil tape le plus fort. Pendant cette pause on dit souvent: -tilo abe candere!- qui veut dire " il fait très chaud" en madinka. Elle fait partie des phrases que les ouvriers nous apprennent au quotidien.

Vendredi, à la tombée de la nuit, nous avons entendu des percussions au loin. C'étaient trois musiciens venus de Song-Kunda pour faire dancer tout le monde.

Le rythme instauré par les djambés était accompagné par les mouvements gracieux des femmes du village qui faisaient vibrer le sol, tandis que leurs pieds s'estompaient derrière une nuée de poussière. Tout autour, le visage des gens était uniquement éclairé par les petits tas de paille enflammés que le musiciens utilisaient pour retendre le cuir des tambours.


Une fois épuisés, nous rentrons à la maison avec un gros sourire. Le silence qui s'empare du village est uniquement interrompu par les dialogues très opportuns entre les ânes et les chêvres à 1h du matin.

La nuit du dimanche, en même temps que nous, il y a deux géants qui dorment en attendant d'être levés la semaine prochaine.


Remi Manriquez



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