• A sheltering roof

WEEK 6 - Dimbo


Cette semaine, le bâtiment a commencé à sortir de terre ! Après avoir rempli les fondations des pierres du bush et de potto-potto (sorte de mortier à base de terre végétale, de sable et d'eau, qui permet de lier les pierres entre elles), nous avons posé le premier coffrage. Celui-ci nous permet de façonner le socle qui surélève le bâtiment et protégera les murs en terre crue du ruissellement des eaux de pluie. Nous avons choisi de ne pas utiliser de ciment pour les fondations et la surélévation des murs afin d'expérimenter des techniques de constructions plus durables. Le soubassement des murs est donc réalisé de la même manière que les fondations, en pierre, afin de les rendre solidaire. Un alliage de potto-potto et de chaux est rajouté en périphérie afin de rendre le mur étanche et ainsi protéger notre construction en terre.

La mission coffrage n'a pas été si facile qu'elle en a l'air ! En effet, suite au décaissement, le sol du projet a été aplani de manière globale, mais il est en réalité composé de petites bosses et creux, rendant difficile la pose du coffrage à l'horizontale, afin de donner le niveau du bâtiment. Ajouté à cela, la non-rectitude des coffrages, due à la très mauvaise qualité du bois disponible au marché voisin, faire un bâtiment aux lignes et angles droits est plus compliqué que ce qui ne semble !


En parallèle, nous avons commencé la construction du mur de soutènement. Nous avons choisi d'utiliser la pierre du bush de manière différente. Nous dressons un mur de pierre sèche en sélectionnant des pierres afin qu'elles s'encastrent les unes aux autres. Cette réalisation nécessite beaucoup de temps et de patience afin de sélectionner LA bonne pierre. Marc, un de nos volontaires ayant fait des recherches sur cette technique de construction pour son rapport de licence, mène cette construction, assisté d'autres volontaires. Nous avons beaucoup de mal à transmettre cette technique aux ouvriers locaux, car pour ceux-ci travailler bien, c'est travailler vite. Le mur pourrait être fini dans la journée avec eux, mais ils choisissent les pierres trop rapidement, celles-ci ne s'encastrant pas forcément, cela entrainerait des fragilités du mur dans le temps. Cependant, nous continuons de les impliquer dans cette tâche, même s'il faut être avec eux en permanence, et les forcer à prendre leur temps !


Cette semaine, notre équipe a été sérieusement réduite. Une bactérie sympathique a intoxiqué la plupart de nos volontaires au même moment. Nous sommes passés de vingt volontaires sur le chantier à cinq ou six, heureusement que nous étions nombreux ! Tout le monde récupère petit-à-petit de cet épisode, même si avec la fatigue accumulée certains ont eu besoin de prendre quelques jours de repos. Plusieurs volontaires restant la totalité du workshop, un groupe s'est offert quelques jours de vacances à Banjul, ils seront absents du chantier la semaine prochaine.

Vendredi, Floran a du s'absenter pour aller chercher le bois pour la charpente à Tambacounda au Sénégal. Comme dit précédemment, le bois de construction disponible au marché voisin est de très mauvaise qualité : mauvaise coupe, poncage aléatoire, stockage à l'extérieur entrainant des pourritures, etc. A la vue de ce bois, nous nous sommes dit que nous ne pouvions pas l'utiliser pour notre charpente, étant donné les portées nécessaires ! C'est ainsi que nous avons choisi de trouver un bois exotique plus résistant et de meilleure qualité. Nous avons trouvé le service d'un menuisier-ébéniste à Tambacounda, qui nous assiste pour nous procurer toutes les sections de bois dont nous avons besoin.

Les nombreuses fraudes concernant la vente de bois tropicaux aux pays étrangers, et notamment à la Chine, rend aujourd'hui les transactions compliqués. Ainsi, Floran accompagné de Jim, partis au départ pour une journée, ont finalement attendu trois jours pour que les autorisations des services des Eaux et Forêts Sénégalaises soient faites. Une fois, la situation débloquée, les quatre scieries mobilisées pour la coupe du bois ont pu acheminer la marchandise au point de ralliement et le camion fut chargé. Une sélection du bois fut alors faite, une grande partie des pièces ont du être écarté à cause de trous, de surplus d'écorces, de défauts de coupe ou de mauvaises sections. Soulagés de charger et de partir avec le bois, Floran et Jim furent leur salutation et prirent place dans le camion. A cinquante mètres du portail, le camion s'embourba et impossible de le bouger. Fin de l'épopée. Floran et Jim sont finalement partis sans le bois. Cela fait cinq jours que le camion reste coincé, et des engins de plus en plus lourd tentent de le sortir. Encore une de nos galères à l'africaine !



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