• A sheltering roof

WEEK 4 - Terre rouge de Gambie


Pour cette semaine, Nikki, un autre volontaire toulousain, vous raconte sa semaine et l'avancée de notre travail.


« Il fait très plat en Afrique », aussi plat que notre terrain qui prend de plus en plus forme. Lundi 13 Août, le terrassement s'est fini, pour laisser place à la nouvelle tâche dédiée aux pioches : le mur de soutènement. Cet dur labeur fût accompli essentiellement par les bras infatigables des ouvriers tandis que nous nous occupâmes des délimitations exactes des fondations et du terrain. A la fin de la journée, la pluie s'invita à Karsi Kunda, nous offrant généreusement une douce mais froide douche diluvienne.



Mardi fût pour Laure et moi, jour de marché à Manda. Un marché bondé de couleurs, bruits et gens, d'odeurs, rires et argent, de saveurs, fruits et mégaphones bruyants. A chaque mètre, de magnifiques visages aux multiples formes et beautés, drapées des plus belles tenues à motif diversement colorées. Se succèdent les étales de mangues, cacahuètes, poissons, maillots de foot, quincailleries, une très haute densité de produits et d'images rétiniennes africaines où seuls, bruits et couleurs unifient le tout.

Le repas du midi fût épicé à souhait, relevant le goût et chamboulant les habitudes de notre palais. Bedaine remplie nous pûmes rentrer sur la charrette de Moussa. Au soir, nous fûmes « dans ma maison sous terre », et dans les cercles dansant avec les enfants.


Selon la tradition, si un enfant naît lorsqu'un étranger loge chez soi, l'invité a le grand honneur de pouvoir choisir le prénom. C'est ainsi que Floran et Marie ont nommé le fils de Saloum : Louis à l'aube du jour. Cela faisait sept jours qu'il attendait son prénom et sept jours plus tard il aura sa fête.



Sur le chantier, nous finîmes de planter les piquets et tendre les fils afin d'avoir le plan projeté sur le terrain tandis que, sous la direction d'Oussman, les pierres rougeâtres du bush prenaient peu à peu place dans la tranchée du mur de soutènement.

A la tombée de la nuit nous vîmes la horde d'enfants refaire surface pour jouer, mais de fatigue nous les laissâmes entre eux.


Jeudi, à la vue du ciel matinal si bleu et si dégagé, nous nous fîmes peu d'espoir sur la possibilité de faible température au cours de la journée. Et ce fût sous la chaleur écrasante et la sueur torrentielle que les coups de pioche retournèrent les premières mottes de terre ou pierre pour les fondations des murs en pisé.

Les constructions avancent à grand pas, et avant le premier week-end de deux jours, nous avons pu nous féliciter du bon boulot depuis le premier jour de chantier.



Pour ce premier jour de repos, nous eûmes droit à ceux qui partaient pour Fatoto, et ceux qui désiraient laisser reposer leurs corps cansado.


Ce fût Saloum, en tant que guide qui bougea nos fesses du compound Sanneh. On visita le village de nos adversaires féminins de la semaine passée, Song Kunda. Que de différences avec leurs homologues de Karsi ! Ici, eau potable, électricité, école, plus grand étalement urbain mais aussi plus de plastique...


Nous nous fîmes embarquer dans une scène dansante chez un ami de Saloum avant de prendre la route du retour pour assister à la fin de la rencontre masculine de foot entre Karsi et un autre village des alentours.


Cependant au grand dam des supporters, un des adversaires refusait son carton rouge, et situation cocasse, la rencontre pris fin sur cette action car il fallait d'un rien avant que cela ne dégénère entre les joueurs.


Au deuxième jour de repos, la pluie nous invita à rester à l'intérieur. Loup garou, lecture et dessins nous firent passer tranquillement la journée jusqu'à notre chute dans les bras de Morphée.

Pour ce dernier jour de semaine, le ciel nous donna une journée nuageuse et agréable. Les fondations se firent encore traverser de toutes parts, par pioches et pelles toujours aussi efficaces.


Nikki Jamin





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