• A sheltering roof

WEEK 3 - Lancement du chantier

Mis à jour : 16 août 2018



Changement de rédacteur cette semaine ! Léo Schaefer, étudiant en première année à l'ENSA Toulouse et présent sur le chantier pour les trois premières semaines prend la plume pour nous raconter le travail de cette semaine et ses impressions !

Et oui, nous, les bénévoles, avons enfin débarqués à Karsi Kunda pour mettre nos douzes paires de mains au service du projet, que ce soit au chantier ou à toutes les activités qui l'entourent. Arrivés en deux temps, Toulousains le dimanche 5 et Parisiens le Mardi 7, nous avons tous plongé la tête la première dans cette troisième semaine. Celle-ci, principalement accaparée par une préparation de la parcelle plus longue que prévue, fut essentiellement destinée au déboisement et terrassement du chantier, rythmée seulement par quelques pluies tropicales, ballades autour du village et autres présentations du projet.

Ayant atterri à Dakar le 3 Août, notre groupe de six étudiants en architecture y resta pendant deux jours, histoire d'avoir un premier aperçu de la vie africaine et de nous préparer à la route jusqu'à Karsi Kunda. Elle fut accomplit en majeure partie par un bus de nuit qui nous amena jusqu'à Velingara, une ville Sénégalaise juste au sud de Basse. Ne nous manquait plus que de prendre deux taxi brousse, complètement en ruine mais tout de même très chers, pour passer la frontière puis couvrir le dernier tronçon de notre périple Basse – Karsi Kunda. Dernier, mais certainement pas le plus tranquille, en effet les belles routes goudronnées, étonnamment en bon état, qui nous avaient gentiment guidées jusque là, s'échappèrent pour laisser place à une longue route en terre pleine d'énormes flaques et bosses. Cette dernière nous causera bien des problèmes, en cassant la roue de notre taxi qui conduisait pourtant très prudemment, et frayeurs quant après deux heures à essayer de réparer son véhicule, notre chauffeur appela un ami pour nous conduire sur le reste de la distance. Ami visiblement très pressé qui nous fit franchir la fin du trajet à une vitesse folle, ayant pour effet de nous secouer dans tous les sens sur ces vingt derniers kilomètres.

Résultat des courses : nous sommes arrivés à Karsi Kunda le soir du 5, certes avec le dos un peu en vrac, mais sans avoir rencontré de réels problèmes et en pleine forme pour se lancer dans trois semaines de chantier !



En arrivant sur le site et en découvrant la gentille petite famille de buissons et d'arbustes du bush qui y avait élu domicile, la première journée de travail s'est rapidement retrouvée dédiée au débroussaillage de la parcelle. Pour y arriver : pelles, pioches et haches furent nos amies. En taillant les branches gênantes, creusant autour de la souche et coupant à la hache toutes les racines atteignables, nous avons rapidement réussi à déterrer et dégager toute végétation de la parcelle. Devait alors commencer la phase bien plus longue de son terrassement.



Comptant sur le labourage de la parcelle par un âne et une charrue, le temps prévu à cette étape s'est fortement rallongé en comprenant qu'il faudrait user des pelles et pioches. Après avoir approximativement mesuré de quelle profondeur il faudrait creuser en tirant des fils horizontaux, nous avons commencé ce fatiguant travail au protocole bien défini. Il fallait dans un premier temps labourer la terre à la pioche, pour pouvoir ensuite la charger dans des brouettes qui la déposèrent finalement en dehors de la parcelle, en deux grand tas, un pour chaque type de terre extraite. En effet, la couche de terre végétale qui occupe les premiers centimètres superficiels laisse rapidement place à une terre plus dure et argileuse, parfois même rocheuse. Cette dernière, pouvant être réutilisée pour la construction des murs du bâtiment, devait alors être séparée de la première qui ne peut servir qu'à l'agriculture. Cette étape du terrassement fut de plus rallongée par différents problèmes comme le manque d'outils du début de la semaine, qui fut comblé par l'achat massif de pelles et pioches, ainsi que par la découverte de gros rochers qui durent soit être évités en déplaçant l'emplacement du bâtiment, soit retirés. Certaines grosses pluies tropicales ne facilitèrent pas non plus la tâche, inondant le chantier et nous obligeant à creuser des tranchées afin d'évacuer l'eau.

Occupant toute la fin de semaine, le terrassement fut, dans les derniers jours, mis en parallèle avec l'acheminement par charrette de pierres du bush. Ces pierres rouges serviront par la suite à construire les fondations de notre bâtiment.


Bien que le chantier nous occupe la majeure partie de la journée, finir la journée de travail à 16 heures, comme tous les ouvriers de Karsi Kunda, nous laissent tout de même beaucoup de temps pour gouter à la vie du village. Celle-ci, en raison d'une multitude d'enfants, courant nous voir à chaque sortie de notre chambre, et de ces multiples évènements, ne nous laisse pas beaucoup de temps pour le repos.

Le premier de ces événements, qui vint à notre rencontre sur le chantier dès lundi matin, fut une danse traditionnelle que nous accordèrent les femmes du village. Sur une musique faite de chants rythmés par des tamtam, elles formèrent un cercle dans lequel des petits groupes furent successivement invités à danser. La cadence est très rapide et ne maitrisant pas les mouvements des femmes, nous en étions bien souvent réduits à faire un peu n'importe quoi, du moment que c'était énergique.


Le football du Mardi fut sans doute une des plus grande source d'étonnement de la semaine. Complètement excités et euphoriques, une centaine d'habitants de Karsi Kunda et Song Kunda, le village voisin, s'étaient regroupée pour assister au match opposant les équipes féminines des deux villages. Directement pris en charge par les enfants dès notre arrivée sur les bords du champ qui fait office de terrain, nous avons été très surpris par la grande organisation de l'évènement. Surveillées par un arbitre, les femmes de chaque camp, comptant parmi elles quelques bénévoles, essayaient de marquer dans les cages délimitées par deux poteaux en bois et un ruban en guise de barre transversale. Aucun but n'ayant été marqué pendant le temps réglementaire, la séance de tirs au but marqua le summum de l'excitation des spectateurs. S'étant tous agglutinés autour d'une des cages et de son point de penalty, la foule en folie suivit la séance à coup de grands cris, tantôt de joie, tantôt de déception rageuse. Finalement, la défaite de Karsi Kunda ne nous sembla pas avoir d'importance tant les habitants rentrèrent chez eux de bonne humeur au coucher du soleil.

Jeudi fut le jour de la grande présentation du projet de NKA aux habitants de Karsi Kunda. Une fois chaises, bancs et enceintes installés commencèrent à se succéder une marmelade de discours d'explication du projet global, de remerciements et d'attentes des villageois. Au milieu de cela, les chefs des trois projets : Erika ; Jenny et Daniel ; ainsi que Marie et Floran, présentèrent les bâtiments qu'ils ambitionnent de construire qui semblent tous satisfaire l'auditoire.


Une danse traditionnelle et un diner plus tard, nous retrouvions tous les enfants à une fête du village. Un DJ passant des chansons africaines actuelles aux rythmes semblants très rapides et chaotiques pour nos oreilles non-habituées, les danses dans lesquelles nous fûmes entraînées ne manquèrent pas de finir de nous épuiser nous incitant rapidement à regagner nos lits.

Vendredi, c'est jour de repos ! Principe respecté ici par tout le monde, même par le soleil qui a laissé la pluie nous bloquer à l'intérieur pendant la majeure partie de la journée. Profitant d'une éclaircie, notre petit groupe n'a pas hésité à sortir pour une ballade d'exploration des alentours du village. Après être allés voir de près quelques arbres et termitières qui nous intriguaient, nous tombons par hasard sur Jim, l'employé de Nka qui gère les projets en Gambie, qui nous propose d'aller voir la tombe du créateur du village. Le Marabout légendaire, sensé avoir vécu au XVIIIème siècle aurait eu la petite particularité de mesurer sept mètres. Le village créé par ce mystérieux personnage a cependant du être déplacé de quelques centaines de mètres afin d'avoir un accès plus facile à l'eau, comme quoi cet élément a toujours été une préoccupation capitale dans la région. Quoi qu'il en soit, ce fondateur repose désormais bien tranquillement sous deux manguiers, entourés d'une barrière en branche, le protégeant de toutes menaces extérieures.

Et Hop, ni une ni deux et cette troisième semaine pleine d'évènements et de découvertes est déjà passée. Certes un peu fatigués, nous avons maintenant pleinement réussi à nous adapter à la vie du village et nos santés ne nous posent pas de gros problèmes. Le chantier avançant à la vitesse espérée, nous sommes désormais sur le point de commencer à creuser les fondations du bâtiment, ce qui risque d'être un peu plus amusant que le travail répétitif de terrassement effectué jusqu'à maintenant.

Gardant un maximum notre énergie pour la suite, notre équipe est maintenant impatiente de découvrir toutes les surprises que nous réservent sûrement les prochains jours !


Léo Schaefer

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