• A sheltering roof

WEEK 12 - TOMBER ET SE RELEVER

Mis à jour : 8 nov. 2018


Nous voici déjà à la moitié de l'aventure, et il faut avouer que nous avons eu dernièrement notre lot d’imprévus et de difficultés ! Malgré les journées de dures labeurs, le chantier a pris pas mal de retard. Nous commençons à prendre un peu plus de recul sur cette aventure, sur notre travail, sur le projet, ou encore sur son organisation ; et nous aimerions être honnêtes en exprimant les difficultés rencontrées par notre équipe.


Nous partions de France en Juillet avec comme objectif la construction de ce bâtiment, mais nous n'avions pas la mesure de la tâche entreprise. Le projet avance « domanding domanding » (petit à petit). Chaque étape rencontre son lot de difficultés non planifiées, notre insouciance et notre inexpérience en sont les principales causes. L'apprentissage, que ce soit pour nous deux, jeunes architectes, nos volontaires diplômés ou étudiants, ou nos ouvriers en formation, est considérable. Une chose est sûre, notre pratique d'architecte sera changée après cette expérience !


Ces dernières semaines ont été assez éprouvantes pour le moral de l'équipe. L'échec du premier levage a entrainé sa dose de doute, et nous avons tous eu besoin de prendre un peu de recul et d'énergie avant d'entamer cette seconde moitié de workshop.


Le levage de la ferme nous a fait peur. Nous avions travaillé pour préparer la charpente. Des professionnels nous ont aidé et validé le dimensionnement de la structure, mais nous n'étions pas préparés à la réalité. Il s'agit de notre première réalisation. La transcription de l'échelle numérique à l'échelle physique a été assez violente, et nous prenons conscience de l'envergure du bâtiment. Après avoir hissé la première ferme à la verticale, nous avons pris la décision de la reposer, le poids ayant ouvert le faitage et poussé les pieds de poteau hors de leurs emplacements. Cette épreuve nous fait réaliser que nous nous sommes lancés un défi de taille sans aucune expérience au préalable. Lors de cette journée, nous avons réellement engagé notre responsabilité vis à vis de la sécurité du chantier.


La première réaction fût le soulagement de n'avoir eu aucun accident, avant de repartir la tête la première dans une nouvelle stratégie, avant d'enfin réaliser que les vacances, le repos et la réflexion étaient nécessaires. L'idée d’arrêter le projet nous a traversé l'esprit. Nous prenons conscience des difficultés d'être nos propres ouvriers, les compétences pratiques manquent. Nous ne sommes que de jeunes architectes et étudiants.


Durant notre semaine de repos, nous en avons profité pour contacter des professionnels en France afin de déceler nos erreurs et d'élaborer une nouvelle stratégie. Malgré nos nombreux doutes et la peur de se réengager dans un levage, il est difficile pour nous d'abandonner le projet sans avoir exploré de nouvelles solutions. Plus que le fait de ne pas y arriver, c'est plus l'idée de relancer une procédure dangereuse et à nouveau mettre en jeu notre responsabilité qui nous fait peur.

Cette semaine, le chantier a repris. La motivation est au rendez-vous et les idées fusent pour trouver de nouvelles solutions à notre problème. Deux nouveaux échafaudages ont été fabriqués pour compléter le premier et la construction du soubassement du bloc central à base de « potto potto » a repris de plus belle.



En parallèle Floran et Rémi sont partis à Tambacounda pour récupérer le reste du bois de charpente. Sur place, la situation semble se complexifier à chacune de nos venues. La commande de 700 pièces devait être prête au début du mois de septembre. Le correspondant sur place, nommé Mame Cheikh, nous a dans un premier temps informé que la saison des pluies ralentirait sûrement la transaction. Aujourd'hui, à l'approche de la saison sèche et ayant atteint uniquement la moitié de la commande, des problèmes familiaux et médicaux le concernant se sont ajoutés rendant la situation délicate. Les convictions personnelles de Mame Cheikh nous font espérer un retour à la normale dans les prochaines semaines.



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