• A sheltering roof

French-lag

Mis à jour : 23 janv. 2019


Voilà maintenant quelques semaines que nous sommes de retour en France. Nous avons pu profiter des fêtes, entourés de nos proches. Foie gras, chocolats et tartiflettes ne nous ont cependant pas empêché de continuer à réfléchir sur le projet. En mai dernier, nous avions eu l'occasion de rencontrer le bureau d’étude toulousain EcoZimut, qui est une société coopérative et participative (SCOP). Outre le secteur d'étude thermique, les associés cherchent à développer l'utilisation des matériaux bio-sourcés, tels que la terre crue, dans le monde de la construction. En France, le secteur du bâtiment représente, à lui seul, la consommation d’énergie liée à l’industrie et aux transports additionnées, l’enjeu est de taille. Les entreprises engagées dans cette voie sont malheureusement encore trop peu nombreuses.


Notre chantier ayant pris du retard, nous n'avons pas encore abordé la phase de construction en terre. Le bureau d'études a donc accepté avec beaucoup de gentillesse de nous ré-ouvrir ses portes afin de nous conseiller cette fois-ci plus précisément. Lors de notre rendez-vous, nous avons ainsi pu mieux comprendre le fonctionnement même du matériau terre. Si tout cela vous intéresse, nous vous invitons à regarder les vidéos d'Amaco – L'Atelier Matières à construire (https://www.youtube.com/channel/UC9HfEFwOmVXdYI15pZSyacQ) qui présentent des essais à réaliser pour connaître la terre, différentes techniques constructives en terre, mais aussi d'autres expériences scientifiques sur les matières. Nous avons ainsi validé avec eux le mode constructif choisi, c'est-à-dire le pisé. Localisée au « Village », à Toulouse, qui regroupe un grand nombre de start-up, l’entreprise EcoZimut dispose également d’un atelier dans lequel elle expérimente la terre crue, selon différents modes constructifs : terre coulée, pisée ou comprimée par exemple. Elle développe ainsi les connaissances liées à ce matériau, pour leurs propres recherches professionnelles, afin de réaliser un projet, ou lors de séances de formation pour amateurs ou professionnels. Après avoir eu un petit briefing théorique sur les expériences à réaliser en phase préparatoire, nous avons eu l'occasion de nous rendre dans le laboratoire d'expérimentation d'Ecozimut. C’est accompagné de deux membres de l’équipe que nous avons ainsi pu confectionner notre premier pisé et apprendre les techniques permettant de tester les qualités d’une terre.



Notre séjour en France fut également l’occasion de retrouver Christian Durant, artiste de la région Toulousaine, qui nous a conseillé et aidé au cours de nos travaux. Ses réalisations ouvrent à un large panel de connaissances perceptibles ou plus lointaines. Elles interrogent la matière, le corps et le mouvement pour appréhender le rapport à l’être et à son environnement. Après avoir travaillé sur la matière et la structure il se penche aujourd’hui sur le liquide et en observe les traces. Entre le concours et la réalisation, nous avons du travailler pendant plusieurs mois sur l'adaptation du projet en fonction de nombreux facteurs, et son expérience nous a guidé dans nos recherches, quelles soient constructives, ou bien plus poétiques dans le concept du projet et dans son aspiration sociale. Les discussions avec Christian sont toujours passionnantes et stimulantes, ouvrant notre travail vers un large domaine de possibilités, et donnant l'énergie de vouloir « faire quelque chose », plutôt que de rester passif dans ce monde, disons capitaliste. Le parallèle à des champs de connaissances qui semblent lointains à l’architecture a enrichi notre travail et nous a conduit à toucher une sorte de vérité « essentielle ». Les œuvres de Christian Durant sont disponibles sur son site internet ( http://christiandurante.com ) et ça vaut le détour !


Ce lundi 21 Janvier nous avons également eu une opportunité très singulière de parler de notre travail. Depuis plusieurs mois maintenant, la communication du projet s'étend petit-à-petit, lorsque des bénévoles, des lecteurs, de la famille, des amis, en parlent à leur entourage. C'est ainsi que nous avons été contactés par le lycée professionnel de Ribérac en Dordogne, où Marie a réalisé l'ensemble de ces études jusqu'à son baccalauréat. Il s'agit plus spécifiquement de la classe de troisième d'insertion professionnelle, qui accueille des jeunes en difficulté scolaire, qui cherchent aujourd'hui leur orientation professionnelle. L'intervention avait pour but de pouvoir parler d'une part du métier d'architecte, ou de tous les métiers qui l'entourent afin d'éveiller une vocation chez certains par exemple. Le projet a également été présenté plus généralement, car ce sont des jeunes qui ont très peu d'opportunités de quitter la région ribéracoise, et ils étaient très curieux de découvrir la vie au village ! Beaucoup étaient très intrigués par l'absence d'eau courante et le fait de ne pas avoir un pommeau de douche ! Pour eux, cette présentation va aboutir à plusieurs mini-projets dans chaque matière : mathématique, français, secrétariat, réalisation technique, arts plastiques, et enfin éducation physique. C'est le sujet de cette dernière matière qui a lancé le projet chez l'équipe enseignante, où chaque matière s'est ensuite greffée.


Chaque année, pour cette classe, les professeurs organisent un projet très concret sur l'année qui permet de relier toutes les matières. Jusque-là, le projet était la création d'une mini entreprise avec la production et vente d'objets fabriqués en atelier par leur soin. L'équipe enseignante souhaitant changer ce projet réalisé depuis des années, la professeur d'éducation physique et sportive a émis l'idée de l'organisation d'une course solidaire. C'est-à-dire que les élèves courraient pour une association afin de générer des fonds. Ils rechercheraient tout d'abord les sponsors, donc créeraient la communication nécessaire, etc. En demandant aux élèves de choisir une association qu'ils souhaiteraient représenter, ceux-ci ne souhaitaient pas une grande structure, ils voulaient une petite association, qui aiderait les enfants. Isabelle Manciet avait entendu parlé du projet A Sheltering roof par l'intermédiaire de sa collègue Sylvie Gilliard, et le projet fut accepté par beaucoup d'enthousiasme par ces jeunes.


Nous travaillons aujourd'hui à définir quelle pourrait être leur aide précise pour le projet, outre le don financier lié à la course, peut être la création d'outils. Chaque matière tente de se lier à notre projet afin d'impliquer les jeunes dans une cause qui les intéresse. Ils sont en demande de réalité afin de se trouver personnellement. Un cours traditionnel est pour eux beaucoup trop abstrait et ne les intéresse pas réellement. Nous sommes très heureux de ce petit impact que le projet peut avoir sur la classe du lycée de Ribérac. Nous vous tiendrons au courant sur l'avenir de ce projet, qui est pour l'instant très nouveau pour eux comme pour nous !


Nous préparons aujourd’hui notre retour en terre africaine, et c’est accompagné de Rémi Manriquez, Nikki Jamin et Pierre Gilliard que nous nous relançons dans l’aventure ! Rémi et Nikki, volontaires depuis le début de l’aventure, alors qu'ils ne devaient rester que trois semaines, continuent de nous supporter en portant le projet fièrement. Nous en sommes très heureux et les remercions. Pierre Gilliard, lui, accepte une nouvelle fois de quitter ses magnifiques tondeuses à gazon pour faire partager son expérience sur le chantier. Merci à lui. A notre arrivée au village, nous espérons trouver les 350 fagots de chaumes tressées. Saloum, membre du village, nous représente en ce moment sur place pour manager les ouvriers. Il nous fait part de l’avancement via Whatsapp. Quelques problèmes de « findefer » (fil de der) semblent persister mais nous restons confiants. La suite au prochain épisode !


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