• A sheltering roof

WEEK 10 - ATU ! (STOP)


Alsama, m'tomou Lolo Cessay. Nié lokoum m'be safero la. A be diaring ! Bonjour, je m’appelle Laure. Cette semaine, c'est moi qui écrit le blog. Bonne lecture ! La semaine qui s'annonce semble remplie de promesses. Sur un planning, comme toujours très droit, nous nous apprêtons à enchaîner les moments les plus importants du chantier, la tension est à son comble alors que nous n'avons même pas commencé. La charpente est entamée : une ferme est montée et la deuxième suit de près sa frangine, sous l'oeil attentif de Marie. L'objectif est de les lever et les fixer aux platine arabo (mercredi). Les chèvres étant prêtes depuis la semaine dernière, il faut s'attaquer à l'échafaudage. Mais ce n'est pas tout : les longrines sont à finir – il reste un quartier du quatre-quart – le bloc central doit être démoulé et ses façades tartinées de lime.


Comme un lundi, nous sommes fatigués. Mais, motivés par tant d'action, nous avançons bien. La pluie nous surprend vers 13h et nous « force » à trouver des occupations, en somme toutes, diverses et variées.


« En France je me fais chier sur les réseaux, Mais vu qu'ici il n'y en a pas, Je me fais chier autrement » Nikki Sanneh

De la patience, Flo n'en a plu depuis bien longtemps. Voyant le temps courir à toute vitesse, c'est accompagné de Rémi, Camille et Marie qu'il s'attaque à la suite de la charpente, malgré la pluie qui reprend.



Dans la soirée nous voyons débarquer notre sudiste de l'aventure. La team Paris ne tient plus qu'à un fil... mais elle tient bon ! Bienvenue à Rémi, renommé par les ouvriers le lendemain Rémi Baa (Grand Rémi). Petit à petit l'oiseau fait son nid. On nous attribue à tous des prénoms Gambien : Cessay, Siarra, Mariama, Moussa, Dourou, Fatoumata, Bacharrie et compagnie.

Deuxième journée d'échafaudage. Avec Lisa et Pierre on continue ce qu'on a commencé hier. L'objectif est de la finir aujourd'hui mais les équipes sont trop nombreuses et les machines trop peu. En effet, la charpente monopolise la scie circulaire et les coffrages râlent quand on pique la perceuse. Finalement, le coup de grâce tombe à 15h : il n'y a plus de clous. La dernière longrine ayant été coulée par Amèle, Isa et les ouvriers, la journée touche à sa fin et Lisa et moi décidons d'aller à Fatoto chercher les clous manquant. Nous partons donc à la recherche d'une moto à travers les campouns de Kassi Kunda. Après avoir accompli notre mission, nous finissons la journée au Saloum Suokono (Campoun de Saloum avec les enfants. On partage un domoda (riz à la cacahuète, avec parfois de la viande) avec les femmes puis nous rentrons chez nous pour le cimao (diner) : un deuxième repas, ça ne se refuse pas ! Sous la pagode, on parle de bon entrain, on apprécie les frites (recette nouvellement apprise à Adja par Gabriel, Anna, Philippine et Théo, des bénévoles de la saison dernière), on termine par un muffin et hop, be sinnin (à demain) !

Aramisso (jeudi), c'est sous un soleil brûlant que nous devons parvenir à lever les deux fermes. A 11h, bran le bas de combat. La charpente se déplace, tractée par les human-car. Au fond, la tôle rouge projette son éclat sur nos visages déformés par l'effort. Les muscles sont tendus et brulants tandis que la ferme tendue, flambe. Les gouttes de sueur tombent mais la charpente tient bon... Jusqu'a un certain point. Quarante mains, petites et grandes, rouges et noires, portent, tirent et poussent à l'unisson. La ferme se lève lentement. On ajuste les cales de métal au fur et à mesure. ATU ! Ca va trop vite à gauche, il faut rééquilibrer. Mais voilà que le poteau glisse à droite, il a dépassé la platine en entamant la tranche de la longrine. A gauche, il s'appuie de toutes ses forces contre la platine manquant de la déformer. Atu, atu, mais elle sert à quoi cette chèvre??!!! On n'est pas assez, il nous faut plus de monde. Un flot d'adrénaline s'empare de nous. Des gens accourent nous aider, ça parle dans tous les sens, il faut tirer au faîtage, la voilà à la verticale. Atuuu ça va basculer dans l'autre sens, vite il faut haubaner ! Stop. Il faut prendre une décision : les pieds de poteaux sont allés trop loin et il faudrait les reculer et les soulever. Marie et Flo décident de se remettre à plat. Avec toujours plus de dextérité, nous entreprenons de revenir au sol. Tout à coup, la chèvre droite se bloque. Sans hésiter une seconde, Isa se hisse, à plus de 2m de hauteur, afin de débloquer le nœud coulissant et libérer le mécanisme. La charge de poids est telle que nos corps sont à la limite de l'écrasement mais tout est bien qui finit bien, personne n'aura été blessé. Après un gros calin collectif ou larmes se mélangent à la sueur, nous recommençons déjà à faire bouillonner nos cervelles. Les idées fusent, 10 architectes et 1 ingénieur plus tard et nous voilà avec 1000 et 1 solutions. Au final, nous nous accordons sur le fait que nous ne pourrons pas lever la ferme en un morceau. Il faudrait donc séparer le poteau de l'arbalétrier et monter les deux parties l'une après l'autre en s'aidant de l'échafaudage, en théorie... La soirée arrivant, nous rentrons nous doucher et se rafraichir la tête.


Le lendemain, les plus motivés (à savoir pas moi) sont déjà sur le chantier. Et que ça dévisse, et que ça décloue... Au premier essai de levage, le maintient du poteau étant trop bas, la rotation est bloquée. De plus les chèvres sont trop basses ce qui accentue le problème. Il faudra donc agrandir en largeur l'échafaudage, en faire un deuxième et sur-élever les chèvres. Enfin, la décision finale (et surement la plus importante) est prise : il est temps de prendre des vacances ! Le choix de Marie et Flo se porte sur Dakar afin de raccompagner Pierre qui quitte l'aventure, loin d'être le maillon faible. Quand à nous, la team bénévole s'envole pour Banjul (2ème édition).






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